• lemardeleydiet

La balance et le poids dans les TCA: se peser tout le temps.

Mis à jour : janv. 16

Les personnes qui souhaitent perdre du poids peuvent être tentées de se peser tous les jours. Ou au contraire, on peut préférer ne pas se peser, pour diverses raisons: refuser de rentrer dans les diktats des chiffres, préférer se peser quand on est certain d'avoir perdu des kilos (sensation de flotter dans certains vêtements, qui est un bon repère).

Mais qu'en est-il quand on souffre de TCA (Troubles du Comportement Alimentaire)? Quel rapport au poids, à la balance?



Le poids

Les personnes souffrant de TCA entretiennent souvent une relation étroite avec leur balance, spécialement dans les problèmes d'anorexie-boulimie. Quand la personne se met en restriction cognitive, limitant ses apports, pesant les rares aliments qu'elle s'autorise, faisant des produits en croix à l'aide des tables des calories pour savoir ce qu'elle a réellement ingéré, elle peut alors se peser plusieurs fois par jour. La première pesée de la journée, à jeun, peut aussi conditionner ce qu'elle pourra s'autoriser, sur le plan alimentaire, dans sa journée. Ainsi, en-dessous de son poids "espéré'", elle aura une "marge", que bien souvent elle ne prendra quand même pas, se mettant de plus en plus en restriction cognitive. Au-dessus du poids "espéré", elle pourra passer une journée un peu plus "noire" que les autres.

En effet, les tendances dépressives sont souvent rencontrées chez les personnes souffrant de TCA, c'est le cercle vicieux de la faim, "physique", qui accentue les idées noires et le manque d'estime de soi.



Poids et dysmorphophobie


Il peut aussi arriver qu'une personne, qui ne se serait pas pesée pendant plusieurs mois, voire années, ne se voit pas prendre du poids, et se retrouve un jour confrontée à un chiffre sur la balance qu'elle n'imaginait pas, ou à une remarque de son entourage voire même d'inconnus. Cela peut être un électrochoc pour la personne, qui peut être à l'origine d'un régime amaigrissant restrictif. On observe ce phénomène dans certains cas d'anorexie.

Ainsi, la personne se qualifiera toujours de "grosse", telle qu'on l'avait décrite, persuadée que les autres ont raison. Au fur et à mesure de son amaigrissement, elle se verra toujours plus grosse qu'elle ne l'est, parlera de "bourrelets" alors qu'elle est en état de maigreur. Face à un miroir, elle n'aura pas la même image que celle que nous voyons. Il ne s'agit pas là de dénégation, mais bien de déni. Les personnes atteintes de dysmorphophobie n'arrivent pas à se voir telles qu'elles sont, et il est souvent difficile pour elle de se comparer aux autres: elles se verront toujours plus grosses que leurs copines, que les autres filles dans la rue... Dans ce cas, le poids sur la balance, indiquant un poids très faible, les rassurera.



Le poids n'est pas qu'un ennemi, mais un indicateur de santé


Ne diabolisons pas les balances et les courbes de poids, en effet le poids est avant tout un indicateur de santé, qui permet, mis en relation avec la taille, de vérifier que notre IMC -Indice de Masse Corporelle - est dans les normes. Toutefois, il peut arriver que 'l'IMC soit bas sans que la personne n'ait de restrictions au niveau alimentaire, c'est ce qu'on appelle la maigreur constitutionnelle. Il serait dangereux de vouloir ressembler à ces personnes.

Chaque personne a en effet un poids de forme, en-dessous duquel il semble illusoire de tenter de se maintenir.



Accompagnement dans les TCA


Pour pouvoir accompagner une personne qui n'accepte pas son poids, on conseille une triple prise en charge: avec un médecin (généraliste ou spécialiste des TCA), un diététicien et un psychologue. Sans l'un ou l'autre de ces professionnels, l'accompagnement n'est pas optimal et les résultats souvent peu durables, ou avec un haut risque de rechute.

Dans notre prise en charge, nous autres les diététiciens, pouvons mettre en place un accompagnement adéquat, afin de rétablir l'état nutritionnel de la personne et la mettre "en sécurité", lui redonner les repères qu'elle a perdu, et avancer, pas à pas, vers des consommations alimentaires répondant à ses besoins. Bien sûr, nous l'accompagnons en douceur, pas à pas, selon ses restrictions, et dans le même temps le travail avec un psychologue pourra lui permettre de lever certaines restrictions cognitives .



Renouer avec ses sensations physiques: relaxation, hypnose, sophrologie


Les pratiques de relaxation, d'hypnose et de sophrologie ont en commun qu'elles se basent au départ sur une auto-observation de son propre corps: à quel point suis-je relaxé? Dans quel état mental suis-je? Qu'est-ce-que je ressens dans mon corps? Comment est ma respiration? ...


Ces approches sont très intéressantes pour les personnes souffrant de TCA, qui à la fois contrôlent leur corps mais aussi le malmènent, et qui ont donc un rapport particulier avec lui. De plus, ces personnes sont souvent "en dehors" de leur corps, ne laissant aucun ressenti physique émerger, ne faisant pas "vivre" son corps. Le corps n'est pas pour eux un outil par lequel faire passer des émotions, comme on pourrait le faire en danse ou en théâtre par exemple.

Ainsi, par ces accompagnements on peut aider la personne à d'abord se recentrer sur ses sensations internes, sa respiration, sa prise de conscience d'elle-même. En gros, s'observer sans jugement, pour mieux être à l'écoute de son corps. Plus tard, on pourra voir de belles évolutions avec une pratique régulière de ces spécialités, ou la pratique d'un hobby libératoire et expressive comme la danse ou le théâtre.

Avec l'hypnose, on peut aussi prétendre à défaire certaines habitudes, comme je le décrit dans le paragraphe suivant.



Exemple de séances d'hypnose dans un cas d'hyperphagie nocturne


Une personne qui souffrait d'hyperphagie nocturne, a pu, après quelques séances d'hypnose, défaire ces pulsions. Les pulsions ne se sont pas défaites au lendemain des séances, mais au bout de quelques semaines: l'envie irrépressible de se lever la nuit pour manger s'est estompée, pendant ces réveils la personne était plus "consciente", arrivait à rapidement (et plus ou moins consciemment) peser le pour et le contre concernant cette action (la fameuse balance décisionnelle), et choisissait de continuer à dormir.



Et après?


Après plusieurs années, un long travail, de l'aide et des ressources extérieures, la personne pourra défaire ce cercle vicieux et se remettre de ces troubles du comportement alimentaire (rémission, guérison, les termes sont propres à chacun).

Elle pourra avoir une relation apaisée avec son poids, un poids qui ne la définit plus comme qu'avant.

Ayant renouée avec son corps, le laissant s'exprimer et s'apercevant qu'il peut être source de joie et de plaisir, elle le considérera en ami, non plus en ennemi.



(Texte protégé, reproduction interdite)


Magali Le Mardeley diététicienne Compiègne

consultation diététicienne Compiègne



16 vues0 commentaire

Magali Le Mardeley Diététicienne

06 17 56 30 60

©2020 par Magali Le Mardeley Diététicienne-Nutritionniste

diététicienne Compiègne - diététicienne Oise - diététicienne fodmaps - diététicienne diabète