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Le rôle du gras dans le Diabète de type 2

Quand on parle de diabète, on pense souvent au sucre, en effet le diabète se diagnostique par une élévation du taux de glucose sanguin.

Le nom latin du Diabète est d'ailleurs Diabetes Mellitus, "diabète sucré".

Il est donc normal, en tant que patient, d'avoir comme préoccupation une réduction voire un arrêt des sucres.


Je propose de laisser le sucre de côté et de présenter le rôle du gras dans le diabète de type 2 et en quoi il a son importance.



Les cellules du gras (adipocytes), un rôle de stockage énergétique


Dans le corps, le gras est contenu dans des adipocytes, petites cellules rondes. Chez un sujet de 70 kg, il y a environ 15 kg de graisses, 6 kg de protéines et environ 600 g de glucose. Les adipocytes ont une fonction de réserve énergétique, on y trouve l'énergie suffisante en cas de jeûne ou de famine...

Notons que l'adipocyte, en étant le lieu de stockage des lipides, est aussi un protecteur des autres organes, en effet ils les protègent d'un afflux de gras qui serait très nocif pour eux. Il n'a, au départ, pas fonction à altérer notre santé.



Les adipocytes et leur plasticité


Ces adipocytes se remplissent à chaque fois que l'on mange, et se vident lorsqu'on jeûne, entre deux repas, ceci grâce à une plasticité importante.

Notons une première anomalie : chez les sujets obèses, ces adipocytes perdent de leur plasticité, à cause d'une couche fibreuse qui vient engluer les cellules et empêcher à l'énergie d'être libérée comme il faut.



Du gras de la cellule au glucose circulant...


Pendant le repas, l'adipocyte capte le glucose et les lipides pour en faire des triglycérides.


A jeûn, quand le niveau d'insuline baisse, ces triglycérides sortent de la cellule et vont approvisionner les organes pour les nourrir (le coeur et le muscle), et le foie va utiliser ce gras comme carburant pour fabriquer du glucose.

Car le grand fabriquant de glucose de notre corps n'est autre que le foie!


Chez le diabétique de type 2, en période de jeûne, c'est un peu différent : l'adipocyte d'un sujet diabétique libère beaucoup plus le gras, c'est donc une quantité importante de gras qui va rejoindre les organes: le coeur, le pancréas, le muscle et le foie.

Ainsi, le foie du diabétique produit sans cesse du glucose, et en quantité trop importante, même au moment des repas où il devrait normalement s'arrêter. La glycémie après le repas augmente... (il existe d'autres mécanismes que je ne détaillerai pas ici)



Comment agir pour enrayer le mécanisme?


J'ai écrit plus haut que les adipocytes des diabétiques libéraient plus de gras que chez les autres personnes: cela signifie-t-il que les diabétiques perdraient aussi plus facilement du gras?

Avant de répondre, penchons-nous sur les 2 types de gras qui existent : le gras viscéral et le gras sous-cutané. Le gras viscéral est celui entourant les organes de l'abdomen, c'est le plus nocif pour la santé, il augmente le risque cardio-métabolique.

Au contraire, le gras sous-cutané se révèle protecteur sur le plan cardio-métabolique, c'est pourquoi les personnes qui ont une obésité gynoïde (ou féminine, ou corps en forme de poire) ne souffrent pas forcément de diabète de type 2, alors que le risque est considérablement accru en cas d'obésité androïde (ou masculine, en forme de pomme).


Il y a donc une bonne ET une mauvaise nouvelle: bonne nouvelle, les adipocytes au niveau viscéral libèrent plus facilement leur gras, donc sont plus faciles à fondre, mais mauvaise nouvelle, ils nous embêtent un peu sur le plan de la santé. Alors, comment agir? : un régime alimentaire adapté ET une activité physique sont recommandés.



Le tissu adipeux viscéral : siège d'une inflammation


Un dernier point à aborder : l'inflammation. Le tissu adipeux est un tissu complexe avec sa propre vascularisation et qui contient des cellules immunitaires: certaines produisent des facteurs pro-inflammatoires et d'autres des facteurs anti-inflammatoires. Cette inflammation est un ennemi car elle altère la sécrétion d'adiponectine, un puissant anti-inflammatoire. Cette adiponectine a tout bon: elle favorise la captation du glucose dans le muscle, elle diminue la production de glucose par le foie et elle oxyde les lipides dans les organes.

Très intéressante, c'est pourquoi il est important, quand on parle de diabète de type 2, de s'intéresser aussi à l'alimentation anti-inflammatoire : une alimentation riche en fibres (légumes et fruits) et en bons acides gras (omégas-3) et sans aliments ultra-transformés ni graisses trans, limitée en graisses saturées et en omégas-6 pro-inflammatoires.




Pour plus de renseignements sur les sujets Alimentation du diabétique Type 2, Alimentation du diabétique Type 1, Troubles Digestifs, Microbiote Intestinal, Maladies de l'Intestin... n'hésitez- pas à me contacter.



Magali Le Mardeley Diététicienne

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